L’Eglise et les femmes ? > Ce que dit l’histoire > Jésus était-il féministe ?

Jésus fut le premier féministe de l’histoire.
chapitre 58
L’Evangile atteste que Jésus recherchait la compagnie des femmes.
Il y a bien sûr la femme adultère, qu’il sauve de la peine de mort au risque de sa propre vie. Il y a aussi la Samaritaine, qu’il aborde sans aucune gêne à une époque où cela était socialement inconvenant. Il y a enfin Marie-Madeleine, dont il se lie d’amitié après lui avoir expulsé sept démons.
Ces exemples, sans être les seuls, témoignent de la grande liberté de Jésus, tant dans son comportement que dans sa pensée. Une liberté en totale contradiction avec la rigueur de son temps.
Il est à noter que Jésus ne se contente pas de fréquenter ces femmes à qui ses contemporains auraient préféré jeter des pierres. Il va jusqu’à leur donner le premier rôle, comme à Marie-Madeleine au matin de Pâques. C’est à Marie-Madeleine en effet que revient la mission d’annoncer aux disciples la résurrection. Par cet acte, Jésus donne à chaque femme une place que tout homme pourrait lui envier. Désormais, il appartiendra aux femmes d’être missionnaire aux côtés des hommes, spécialement quand ceux-ci auront démissionné par découragement et par peur. On est loin de l’image d’épouse sage et de femme soumise traditionnellement attribuée aux chrétiennes !
Même si Marie-Madeleine se trouve être l’égérie, la sainte patronne des féministes dans l’Eglise d’aujourd’hui, on comprendra sans peine comment un certain féminisme comparatif, égalitaire, comptabilisant dans le détail les plus et les moins de chaque sexe, se trouve périmé par le logique absolue de la relation où rien ne compte hors le face à face des personnes. Déjà la parabole des ouvriers de la dernière heure nous avait indiqué comment la logique de la relation était fort peu égaliataire. Mais les vignerons sont des hommes. Or cette logique a ceci de particulier que seule, autour de Jésus, une femme l’a bien comprise. Et il se peut qu’il revienne à des femmes de l’apprendre aux hommes. Signe de la supériorité fondamentale de la femme, la logique de la relation se comprend alors comme la subversion de tous les féminismes.
Roland Hureaux, Jésus et Marie-Madeleine, 172 pages, éditions Perrin, 2005.
Bien avant les grands combats de notre temps pour l’égalité des sexes, il semble donc que Jésus avait épousé la cause des femmes. Les femmes qui entouraient Jésus n’étaient pas les seules à en être convaincues. L’épouse du gouverneur romain Pilate affirmait elle-même que Jésus était un juste. Cette justice de Jésus attestée par une femme de pouvoir, vraisemblablement sage et cultivée, n’est probablement pas sans rapport avec les combats qu’il menait pour les droits des femmes dans une société largement masculine.
Pour autant, Jésus était-il féministe ? L’affirmer reviendrait à réduire le message de Jésus à cette seule revendication. Or, ce qui distingue ce message de toute idéologie, c’est son caractère universel. L’Evangile ne s’adresse pas à une partie des hommes, tandis que l’autre partie se verrait condamnée. L’Evangile est offert à toutes les nations, et proclame le salut de l’humanité toute entière, pas seulement d’un sexe.
Merci à toi, femme, pour le seul fait d’être femme ! Par la perception propre à ta féminité, tu enrichis la compréhension du monde et tu contribues à la pleine vérité des relations humaines. Jean-Paul II, Lettre aux Femmes, 1995
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