Jésus et Marie-Madeleine ? > Ce que dit l’histoire > Le mythe du saint Graal ?

L’histoire du Graal est partout, mais cachée. Lorsque l’Eglise a interdit qu’on en parle, l’histoire de Marie-Madeleine s’est transmise par des canaux moins officiels, ceux des métaphores et des symboles. (chapitre 61) « Le Graal est littéralement l’ancien symbole de la féminité et le Saint Graal représente le féminin sacré et la déesse, qui bien sûr a disparu de nos jours, car l’Église l’a éliminée. (p.238). « La quête du Saint Graal est littéralement la quête pour se mettre à genoux devant les restes de Marie-Madeleine. C’est un voyage dont le but est de prier aux pieds de l’exclue, le féminin sacré perdu » (p. 257).
Comme le calice des chevaliers de la Table ronde reçut, selon la légende, le sang jailli de la blessure faite sur la Croix, Marie-Madeleine recueillit en son sein le sang du Sauveur puisqu’elle a porté sa descendance, qui serait toujours parmi nous. Telle est la thèse principale du Da Vinci Code.
Le Graal est un mythe celtique apparu au IIIè siècle. Cette légende aurait sans doute disparu, dans un pays en voie de christianisation, si elle n’avait été habillée d’oripeaux chrétiens, notamment par Chrétien de Troyes qui a écrit Le conte du Graal en 1181. Le Graal serait une coupe dans laquelle aurait été recueilli le sang de Jésus, mort sur la Croix. Cependant, aucune tradition dans l’Eglise ne reprend cette thèse, c’est pourquoi elle ne s’est jamais prononcée à ce sujet. Au Moyen-Âge, les prêtres ne connaissaient pas le Graal, cette idée circulait dans des réseaux parallèles, occultes, hors du contexte ecclésial.
L’histoire et la mythologie du saint Graal ont inspiré de nombreux romans et fait l’objet d’un nombre considérable de travaux érudits. Rien dans les connaissances accumulées au cours de centaines d’années sur ce sujet, ne l’associe à Marie-Madeleine. C’est une pure invention du vingtième siècle. La source sur laquelle repose la thèse majeure du Da Vinci Code est le best-seller Holy Blood, Holy Grail, de Michael Baigent, Richard Leigh et Henry Lincoln publié en 1982.
La Madeleine graalique ne se révèle plus guère sympathique : cette histoire de sang à préserver entretient de bien dangereuses proximités avec des idéologies qui bannissent le mélange des races. Quelle terrifiante aristocratie Madeleine a-t-elle engendrée et à quelle fin faut-il en conserver la pureté ? Le masque de pureté raciale dont elle se pare, c’est le nôtre et cela ne laisse pas de nous interroger sur l’idéologie qui domine notre société.
Régis Burnet , Source ? Cité par Amy Welborn ?
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