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Ce que dit l’histoire

Le nombre d’or est-il ésotérique ?

Imprimer cet article avec une mise en page allégée       9 mai 2006 2006


Le nombre d’or est un nombre qui se retrouve fréquemment dans la nature, son utilisation par un savant comme Léonard de Vinci ne fait pas de lui un adorateur de la nature en opposition avec l’église. User d’une telle approche donne une vision caricaturale et déformée de l’auteur d’un ouvrage délicat, fascinant et subtil, en réduisant son travail à la simple recherche de codes.

Ce que dit le Da Vinci Code

Léonard de Vinci était un grand adorateur de la nature que l’église jugeait en perpétuel péché.

Léonard de Vinci (1452-1519) fascine. Sa puissante figure symbolise la culture universelle d’alors. Malgré les sept mille pages de ses cahiers, il se livre peu, il est donc difficile d’avoir un portrait psychologique et moral cohérent. C’est la raison pour laquelle son oeuvre multiforme a pu donner lieu à des interprétations diverses.

En un temps où le savoir n’est pas encore spécialisé, il se situe plutôt dans une lignée réaliste, fidèle à la méthode d’observation d’Aristote physicien et naturaliste, bien qu’il soit assurément moins bon philosophe que génial savant. Toute science repose sur une expérience sensible, opérée sous le contrôle des mathématiques. D’où l’importance de la géométrie,de la perspective, de l’observation des phénomènes. Léonard de Vinci s’élève à des vues générales ; il fonde en quelque sorte la science expérimentale. Il a écrit d’innombrables études dans les divers domaines de la science spéculative et appliquée. Sa théorie sur les lois du mouvement débouche sur la balistique, l’hydraulique...Les mathématiques engendrent la mécanique qui lui inspire nombre de machines pour les armées, les métiers, les fêtes de cour. Sa peinture, elle aussi, est "chose mentale", réflexion. Réduire son travail à la recherche de codes est plus qu’un affront à son oeuvre, à son travail d’interprétation subtil, facinant et d’appréciation des oeuvres d’art.

Assimiler sa spiritualité à celle d’un adorateur de la nature, c’est oublier la ou les commandes du Vatican, qui ne se serait jamais adressé à lui si tel était le cas. Ce serait une erreur de penser que son activité était en opposition avec l’église catholique qui était à cette époque le lieu par excellence où se déployait toute activité intellectuelle.

On s’interroge sur les sentiments religieux de Léonard de Vinci. Mais on sait son émotion quand il a peint la Cène, son tourment devant la figure du Christ. C’est en toute lucidité qu’il reçut les sacrements avant de mourir.

Comment Dan Brown a-t-il pu transformer Léonard de Vinci, authentique savant et peintre génial, en grand maître d’une société secrète ? La disposition et l’écriture de ses manuscrits, plus proches du canular que de l’ésotérisme, ont pu contribuer à inspirer cette fantaisie historique.

Reste une certitude : pour Léonard de Vinci, l’œuvre de Dieu est inscrite dans la nature.



Écrire à l'auteur Agnès Jauréguibéhère
hommenouveau.fr
Décoder Da Vinci Code, Paris, Ed. de L’Homme Nouveau, Coll. Sur le vif, juin 2005, 44 p., 5 €.
Professeur de philosophie durant plusieurs années, Agnès Jauréguibéhère a été responsable des numéros spéciaux du journal "L’Homme Nouveau". Elle s’intéresse particulièrement aux problèmes de société et à ceux relevant de l’éthique.

+ D'infos


- Agnès JAUREGUIBEHERE, Décoder Da Vinci Code, Paris, coll. Sur le vif, L’Homme Nouveau, 2006

 

 

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