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Ce que croient les chrétiens

Le vrai mystère de la Cène

Imprimer cet article avec une mise en page allégée       11 mai 2006 2006


"Je vous écris du Cénacle, repensant à ce qui s’est passé entre ces murs, en cette soirée pleine de mystère.
Jésus se présente à mon esprit, de même que s’y présentent les Apôtres assis à table avec lui..."

Extraits de la Lettre aux prêtres de Jean-Paul II pour le jeudi saint 2000 :

"Je me fixe en particulier sur Pierre : il me semble le voir tandis que, avec les autres disciples, il observe, tout étonné, les gestes du Seigneur, il écoute, tout ému, ses paroles, il s’ouvre, malgré le poids de sa fragilité, au mystère qui s’annonce en ce lieu et qui bientôt s’accomplira.
Ce sont les heures où s’engage le grand combat entre l’amour qui se donne sans réserve et le "mystère de l’iniquité" qui s’enferme dans son hostilité. La trahison de Judas se présente comme une sorte d’emblème du péché de l’humanité.

"C’était la nuit", note l’Evangéliste Jean (13, 30), l’heure des ténèbres, heure de détachement et de tristesse infinie.
Mais dans les paroles attristées du Christ brillent déjà les lumières de l’aurore : "Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera" (Jeann 16, 22).(...)

Il est vrai que, dans l’histoire du sacerdoce comme dans celle de tout le peuple de Dieu, on sent aussi la présence obscure du péché.
Bien souvent, la fragilité humaine des ministres a obscurci en eux le visage du Christ. Comment s’en étonner, précisément ici au Cénacle ?

Ici, non seulement s’est consommée la trahison de Judas, mais Pierre lui-même a dû prendre conscience de sa faiblesse en recevant l’amère prophétie du reniement. Certes, en choisissant des hommes comme les Douze, le Christ ne se faisait pas d’illusion : c’est sur cette faiblesse humaine qu’il posa le sceau sacramentel de sa présence. Saint Paul nous en indique la raison : "Ce trésor, nous le portons en des vases d’argile, pour que cet excès de puissance soit de Dieu et ne vienne pas de nous"(2ème Lettre aux Corinthiens 4, 7).

C’est pourquoi, malgré toutes les fragilités de ses prêtres, le peuple de Dieu a continué à croire en la force du Christ qui agit par leur ministère.(...)

Il me plaît de conclure cette réflexion, que je confie avec affection à votre cœur, par les paroles d’une prière ancienne :"

Nous te rendons grâce, notre Père,
pour la vie et la connaissance
que tu nous as fait découvrir par Jésus, ton serviteur.
À toi la gloire pour les siècles.
Comme ce pain rompu,
qui était dispersé sur les montagnes et les collines,
a été rassemblé pour ne plus faire qu’un,
ainsi, que ton Église soit rassemblée
des extrémités de la terre dans ton Royaume. [...]
_
C’est toi, Maître tout-puissant,
qui as créé l’univers pour la gloire de ton Nom,
qui as donné aux hommes nourriture et boisson
pour qu’ils en jouissent,
afin qu’ils te rendent grâce.
Mais nous, tu nous as gratifiés
d’une nourriture et d’une boisson spirituelles
et de la vie éternelle, par ton Serviteur. [...]
À toi la gloire pour les siècles ! (Didaché, 9, 3-4 ; 10, 3-4)

Jean-Paul II, Lettre aux prêtres pour le jeudi saint 2000



 

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