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Ce que dit l’histoire

Les évangiles sont-ils historiques ?

Imprimer cet article avec une mise en page allégée       10 mai 2006 2006


La Bible, le plus grand best-seller de tous les temps, ne serait pas historique et serait même un faux.
La science a pourtant toujours dit le contraire.

Ce que dit le Da Vinci Code

On ne conteste pas aussi facilement une histoire officielle pluriséculaire, surtout quand elle est répandue par le plus grand best-seller de tous les temps. (...) Je parlais de la Bible.
page 204
Elle a constamment évolué, à travers d’innombrables traductions, additions et révisions. On n’a jamais connu dans l’histoire de version définitive.
page 289

Quelles sont les preuves historiques ?

Une science, la critique textuelle, répond à cette question. Elle postule que "moins il y a d’écart entre les documents originaux et les copies existantes, et plus le nombre de copies est grand, moins il y a de doute sur la valeur de l’original."

Par exemple, concernant la guerre des Gaules de César, un écart de 950 ans existe entre la copie la plus ancienne qu’on détienne et la mort de César, et il n’en reste que neuf ou dix copies. Pourtant, aucun expert ne douterait de l’historicité de ce texte.

Le texte antique le mieux attesté

Or le Nouveau Testament (les évangiles et les lettres des apôtres) a été écrit entre 40 et 100 après Jésus-Christ et les extraits les plus anciens que nous ayons datent de l’an 130. Il faut ajouter que des papyrus du IIIème siècle contiennent la majeure partie du Nouveau Testament et qu’une copie complète, datant de l’an 350, est parvenue jusqu’à aujourd’hui. L’écart maximum entre tous ces textes est donc d’environ 300 ans.

On peut noter aussi une proximité dans les dates, que vient appuyer le nombre de copies que l’on possède des évangiles dit "canoniques" :
- 5 309 manuscrits en grec,
- 10 000 en latin,
- 9 300 en d’autres langues,
- sans compter les 36 000 citations des Pères de l’Église et des premiers théologiens (auteurs chrétiens des premiers siècles).

La profusion des manuscrits et surtout la brièveté de l’intervalle entre la composition et les plus anciennes copies que l’on possède, font du Nouveau Testament le texte le mieux attesté du monde parmi tous les écrits de l’Antiquité.
Jean Carmignac, exégète (spécialiste de l’étude de la Bible)

Ainsi, aucun historien ne conteste aujourd’hui que les évangiles sont véritablement historiques.



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Ce que vous en dites

    • Père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale | 31 janvier 2007 | Les évangiles sont-ils des récits historiques ?
      Site : Zenit.org, le monde vu de Rome

      Evangile de Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

      "Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus. Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : "Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit."

      Les Evangiles sont-ils des récits historiques ?

      Avant d’entamer le récit de la vie de Jésus, l’évangéliste Luc explique les critères qui l’ont guidé. Il affirme rapporter des faits confirmés par des témoins oculaires, « soigneusement » vérifiés par lui-même, afin que le lecteur puisse se rendre compte de la solidité des enseignements contenus dans l’Evangile. Ceci nous donne l’occasion de nous pencher sur la question de l’historicité des Evangiles. Jusqu’à il y a quelques siècles, le sens critique n’existait pas chez les personnes. On partait du principe que tout ce qui était rapporté correspondait à des faits historiques. Au cours des deux ou trois derniers siècles, est né le sens critique qui fait qu’avant de croire à un fait du passé on le soumet à un rigoureux examen critique pour s’assurer de sa véracité. Cette exigence a également été appliquée aux Evangiles.

      Résumons les différentes étapes qu’ont traversé la vie et l’enseignement de Jésus avant d’arriver jusqu’à nous.

      Première étape : la vie terrestre de Jésus Jésus n’écrivit rien mais dans ses prédications il utilisa des moyens communs aux cultures antiques qui facilitaient beaucoup la mémorisation d’un texte : phrases courtes, parallélismes et antithèses, répétitions rythmiques, images, paraboles… Pensons à des phrases de l’Evangile comme : « Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers », « large en effet et spacieux est le chemin qui mène à la perdition… ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie » (Matthieu 7, 13-14).

      Une fois que l’on a entendu de telles phrases, même aujourd’hui, on les oublie difficilement. Par conséquent, le fait que Jésus n’ait pas lui-même écrit les Evangiles ne signifie pas que les paroles qui y sont rapportées ne soient pas celles qu’il a prononcées. Ne pouvant imprimer les paroles sur papier, les hommes de l’antiquité les imprimaient dans leur esprit.

      Deuxième étape : la prédication orale des apôtres Après la résurrection, les apôtres commencèrent immédiatement à annoncer à tous la vie et les paroles du Christ, en tenant compte des nécessités et des circonstances dans lesquelles vivaient les différentes personnes qui les écoutaient. Leur objectif n’était pas de faire de l’histoire mais de conduire les personnes à la foi. Comprenant désormais mieux ce que Jésus avait dit et fait, ils furent en mesure de le transmettre aux autres en l’adaptant aux nécessités de ceux auxquels ils s’adressaient.

      Troisième étape : les Evangiles écrits Environ trente ans après la mort de Jésus, certains auteurs commencèrent à mettre par écrit cette prédication qui était arrivée jusqu’à eux de façon orale. C’est ainsi que virent le jour les quatre Evangiles que nous connaissons. Parmi les nombreuses choses parvenues jusqu’à eux, les évangélistes en choisirent quelques unes, en résumèrent d’autres, en expliquèrent enfin d’autres pour les adapter aux nécessités du moment des communautés pour lesquelles ils écrivaient. Le besoin d’adapter les paroles de Jésus à des exigences nouvelles et diverses a eu une influence sur l’ordre selon lequel les faits sont racontés dans les quatre Evangiles, sur la coloration et l’importance qu’ils revêtent, mais n’en a pas altérer la vérité fondamentale. La précision avec laquelle ils situent la vie du Christ dans le temps et l’espace montre que les évangélistes avaient, autant qu’il était possible à cette époque, une préoccupation historique et pas seulement édifiante. Un peu plus loin, Luc nous fournit toutes les références politiques et géographiques du début du ministère public de Jésus (cf. Luc 3, 1-2).

      En conclusion, les Evangiles ne sont pas des livres historiques au sens moderne d’un récit le plus neutre et le plus détaché possible des faits survenus. Ils sont cependant historiques dans la mesure où ce qu’ils transmettent reflète en substance ce qui s’est passé. Mais l’argument le plus convainquant en faveur de la vérité historique fondamentale des Evangiles est l’expérience que nous faisons en nous-mêmes chaque fois que nous sommes touchés profondément par une parole du Christ. Quelle autre parole, ancienne ou nouvelle, a jamais eu un tel pouvoir ?

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