Décodage > Le nouveau n° 2 au Vatican a lu le Da Vinci Code

Le nouveau n° 2 au Vatican a lu le Da Vinci Code

Imprimer cet article avec une mise en page allégée       16 août 2006 2006


Le Pape vient de désigner le cardinal archevêque de Gênes, Tarcisio Bertone, secrétaire d’État, "premier ministre" du Vatican.
Connu pour sa passion du football et pour son contact facile avec les jeunes, il a été le premier cardinal à dénoncer le Da Vinci Code : "Ne le lisez pas et surtout ne l’achetez pas !" ainsi qu’Anges et démons.
La fin de l’angélisme ecclésiastique ?

Le cardinal Tarcisio Bertone prendra ses nouvelles fonctions mi-septembre 2006. Il succèdera au cardinal Angelo Sodano, homme de Jean-Paul II, en poste depuis quinze ans. Le nouvel élu âgé de 71 ans a secondé Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger, pendant sept ans à la Congrégation de la doctrine de la foi.

Il est surtout très médiatique. Supporter de la Juventus de Turin (sa région d’origine), il a commenté en direct des matchs de football.

Préoccupé par les demandes de fidèles voulant distinguer le vrai du faux dans l’imbroglio du Da Vinci Code, le cardinal Tarcisio Bertone, a organisé le 16 mars 2005 à Gênes un débat sur Da Vinci Code et élevé la voix contre "ce tissu de mensonges de mauvais goût". Il répond ci-dessous aux questions de Radio Vatican.

Empêcher la diffusion du livre en milieu scolaire

"Le conditionnement le plus important ou le pire c’est qu’on ne peut pas être des jeunes modernes si l’on n’a pas lu Da Vinci Code. Désormais, c’est un stéréotype qui circule dans les écoles : il faut lire ce livre pour comprendre la dynamique de l’histoire et toutes les manipulations que l’Eglise aurait opérées au cours de l’histoire. Et ceci est un fait vraiment douloureux et terrible. Nous nous sommes rendus compte de la diffusion de ce livre dans les écoles et c’est pour cela que nous avons pris des mesures de réflexion et de confrontation publique, ouverte et décisive.

(JPG)

Marie, femme de l’Evangile et la négation de la mort de Jésus

Une première erreur est la soi-disant "oblitération" de l’aspect féminin dans la narration évangélique et dans la vie de l’Eglise. Il n’y a rien de plus faux. Dans les Evangiles, on le sait, la Vierge Marie, figure féminine par excellence, a une place dominante, déclare-t-il. La Mère de Jésus et le groupe des femmes, dans l’histoire du Nouveau Testament, et donc dans les évangiles, ont une spiritualité quasi égale au groupe des apôtres. On parle aussi de la présence de diaconesses dans l’Eglise primitive : il n’y a rien de plus faux par conséquent que la nécessité de récupérer une Marie Madeleine "Amazone" - on ne sait comment l’appeler - dans l’Eglise primitive pour récupérer la présence des femmes !

Un autre élément - le plus mystifié - est la négation de la mort et de la résurrection de Jésus : les narrations évangéliques sur la Passion du Christ sont les narrations les plus précises et aussi une véracité qui a fait parler un journaliste d’"horreur fondamentaliste" à propos de La passion de Mel Gibson. Or c’est une description véridique qui correspond aux évangiles. La mort de Jésus est donc prouvée de façon irréfutable. Ce livre est plein de mensonges fabriqués."

Mais pourquoi ce succès ?

"Je crois qu’il y a une stratégie derrière la diffusion de ce château de mensonges, spécialement - sans aucun doute - après le grand événement de l’Année Sainte. Certainement l’Eglise avec Jean-Paul II a eu un impact exceptionnel dans l’actualité de l’humanité, et cela a troublé de nombreuses personnes. La stratégie de la distribution a été un marketing absolument exceptionnel même dans les librairies catholiques, et je me suis déjà plaint des librairies catholiques qui, pour des questions de profit, ont des piles de ce livre... Et puis la stratégie de la persuasion : on n’est pas un chrétien adulte si on ne lit pas ce livre. Donc, voilà mon appel : ne le lisez pas et surtout ne l’achetez pas !"

Le succès du livre viendrait du fait que l’anti-catholicisme est "le dernier préjugé acceptable" : qu’en pensez-vous ?

"C’est vrai ! répond-il. Il existe un grand préjugé anti-catholique. Je me demande : si on avait écrit un pareil livre, plein de mensonges, sur Bouddha, sur Mahomet, ou aussi, par exemple, si on avait publié un roman qui aurait manipulé toute l’histoire de la Shoah, que serait-il arrivé ? Or, voilà qu’on fait un roman qui mystifie les données historiques, ou en médisant, ou en diffamant une personnalité historique qui a son prestige et sa réputation dans l’histoire de l’Eglise, de l’humanité."

Anges et démons

L’histoire d’Anges et démons parle d’un pape assassiné et des circonstances dramatiques du conclave qui suit et n’y va pas de main morte sur les soit-disant complots vaticanesques.

Le cardinal Bertone dénonce fermement "toutes les inventions contenues dans le nouveau livre de Dan Brown, toutes ces histoires de complot au Vatican, qui ne peuvent que perturber et offenser des millions de croyants". Pour lui, "cette propagande s’apparente aux pires méthodes des régimes politiques que l’histoire a connues."



Zenit
zenit.org
Le monde vu de Rome, agence d’information qui édite en 6 langues une newsletter gratuite par e-mail quotidienne ou hebdomadaire.
Un bon plan pour savoir tout ce qui passe et partout dans l’Eglise catholique, que ce soit les derniers textes de Benoît XVI, les avancées du dialogue interreligieux, l’organisation des prochaines JMJ...

+ D'infos


- Sources : Le Figaro, Hervé Yannou 23 juin 2006 et Sophie de Ravinel, 17 mars 2005
- Avec Zenit.org et RadioVatican

 

 

Antispam

Pour nous aider à lutter contre le spam, merci de recopier le code contenu dans le rectangle noir :