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Ce que dit l’histoire

Jésus fils de Dieu : une invention du Concile de Nicée ?

Imprimer cet article avec une mise en page allégée       21 mai 2006 2006



Bien loin d’avoir été une manipulation politique, le concile de Nicée confirma le message théologique des évangiles sur la divinité du Christ.

Ce que dit le Da Vinci Code

La proclamation de Jésus comme ‘Fils de Dieu’ a été officiellement proposée et votée par le Concile de Nicée. La divinité de Jésus a été le résultat d’un vote et d’un vote très serré.
chapitre 55

Constantin convoqua le concile de Nicée en 325 après Jésus Christ. Ce fut le premier concile de l’Eglise. Un concile est une assemblée d’évêques, présidée par le pape, qui débat et définit des vérités de la foi et de la discipline à l’intérieur de l’Eglise. L’Eglise catholique connut 21 conciles, dont le dernier est celui de Vatican II.

L’objectif de Constantin

En convoquant le concile de Nicée, Constantin voulait mettre fin à la controverse arienne, qui mettait en péril la paix politique de l’empire en opposant violemment ariens et chrétiens. Le débat portait sur deux points :
- comment croire en un seul Dieu tout en distinguant le Père et le Fils ?
- comment unir le Père et le Fils sans les confondre ?

Arius répondait à ce mystère de la foi en enseignant que, bien que Jésus soit le Fils de Dieu, il était moins grand que le Père. Un dieu de moindre importance que Dieu, de nature inférieure. Mais en aucun cas, Arius ne présentait le Christ comme un prophète mortel.

Il est certainement faux de dire que Constantin a "donné un coup de pouce divin" au statut de Jésus pour qu’il soit considéré comme Dieu au concile de Nicée.

La vraie question de Nicée

Le débat du Concile de Nicée ne portait donc pas sur la filiation divine du Christ, admise depuis le début, mais sur sa nature : le Christ est-il de même nature que le Père ?

Les membres du Concile rappelèrent la divinité de Jésus et son unicité avec le Père, inscrites avec force dans le Nouveau Testament. En témoignent, entre autres, le prologue de l’Evangile de Jean et les épîtres de saint Paul encore plus anciennes que les évangiles :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Evangile de Jean (1,1)
Un seul Seigneur, Jésus-Christ par qui tout a été créé.
Première lettre de Paul aux Corinthiens, 8,6
Il est à l’image du Dieu invisible. Par lui toutes choses furent créées.
2ème lettre aux Corinthiens, 5,6

Un vote quasi-unanime

Le Credo de Nicée précisa que Jésus est le Fils de Dieu, "engendré non pas créé, de même nature que le Père". Sur les 220 à 250 évêques participants au Concile, seuls deux d’entre eux ont voté contre le "Credo". Le vote n’a pas été "serré", mais presque unanime. Les 99% des évêques participants ont rejeté la doctrine arienne en la qualifiant d’hérésie, soit une vérité contraire à l’intégrité de la foi.

Dans le Da Vinci Code, Jésus est Dieu, comme chaque homme est Dieu. Ni plus ni moins... Dan Brown s’inscrit dans la lignée d’une soi-disant "tradition primordiale" à laquelle tous les fondateurs religieux auraient puisé.
Toutes les religions proposeraient la même doctrine naturaliste (naturalisation de Dieu ou divinisation de la nature). Certains disciples auraient déformé la pensée originale en introduisant l’idée d’un Dieu transcendant, créateur et personnel. Remise en vigueur par l’ésotérisme sous la forme d’une grande religion planétaire, cette "tradition primordiale" ne présente que peu de points communs avec le judaïsme, le christianisme ou l’islam. Dieu y est réduit à une énergie impersonnelle, immanente à la nature, qui se manifeste dans tout ce qui existe autour de nous. Y souscrire serait balayer des siècles de tradition judéo-chrétienne sous prétexte d’un retour à cette "tradition " qui, elle, n’a jamais existé...
Père Joseph-Marie Verlinde



Écrire à l'auteur Agnès Jauréguibéhère
hommenouveau.fr
Décoder Da Vinci Code, Paris, Ed. de L’Homme Nouveau, Coll. Sur le vif, juin 2005, 44 p., 5 €.
Professeur de philosophie durant plusieurs années, Agnès Jauréguibéhère a été responsable des numéros spéciaux du journal "L’Homme Nouveau". Elle s’intéresse particulièrement aux problèmes de société et à ceux relevant de l’éthique.

 

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